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Chapitre 1 : La randonnée


Les enfants m'aiment et j'ignore pourquoi. Leurs parents me craignent, pour eux je ne suis que "L'ermite" ou "le vieux fou". Mais les enfants viennent tous les étés passer quelques jours en haut de la montagne où j'ai élu domicile. Tradition ancestrale... Je haïs profondément les gens mais les enfants, par leur innocence, sont protégés contre ma haine.
Avec moi se trouvent élodie, une adorable fillette de 8 ans, ainsi que quatre de ses camarades dont les noms m'ont échappés. Pour ces délégations juvéniles, j'ai toujours une histoire de trappeur et un chocolat chaud. Ils me manqueront, c'est mon dernier été. Je sent la mort se glisser sournoisement dans tout mon corps, passant par mes poumons affaiblis par les hivers rudes et la fumée du tabac. Je ne survivrai pas à la prochaine gelée. La petite élodie viens me voir à toutes les saisons chaudes depuis trois ans. Cette année, qui est ma dernière, je lui ferai grâce de l'histoire qu'elle tiens tant à entendre. Celle de ma vie.
Voilà justement cette coquine qui lève vers moi ses jolis yeux , signe évident d'une demande à venir.
" Monsieur l'Ermite, tu veux nous raconter pourquoi tu vis tout seul ici ? "
Elle n'en démord pas...
Pour elle, vivre seul, c'est comme dans les contes, on passe ses journées à faire de la musique et à parler aux petits oiseaux.
" Ma chérie, approchez-vous toi et tes amis, je vais vous raconter ma vie, mais avant il faut me promettre une chose. "
Il n'en faut pas plus pour capter leur attention... Un vieillard sans âge ni nom qui vous propose de vous raconter sa vie, c'est important. Mais si en plus ledit vieillard demande de promettre une chose, alors la c'est une chose importante, une occasion fantastique qu'il ne faut pas rater !
" Mes petits, je vais vous raconter cette histoire à laquelle tu tiens tant, élodie. Seulement il faut me jurer de ne rien dire à personne. Jurez tous ensemble, mettez vos mains sur la mienne...Oui....Comme ça.....Jurez que vous ne direz rien....Croix de bois, croix de fer, si je parle je vais en enfer. "
Faites jurer des enfants dont l'éducation est très pieuse, ils ne diront rien. Mais faites les jurer sur leur âme et ils resterons cois pour le reste de leur vie. Ils ont juré, alors je vais leur raconter mon histoire.


" Il y a fort longtemps mes amis, certains détails m'échappent, certains ont été refoulés aux tréfonds de ma conscience, mon être refuse de s'en souvenir. Mais globalement, voici mon histoire. Nous étions six personnes en randonnée sur un terrain sauvage, au bord d'une des nombreuses rivières qui découlent de l'Hudson. Avec moi se trouvaient Cora, ma fiancée, Philippe, un homme massif au corps inimaginablement tatoué, Jean-Pierre, un très proche ami de ma douce, Armand, notre guide et frère de Jean-Pierre et Jacob, un randonneur solitaire que nous avions rencontré et qui s'était fait une joie de nous accompagner.
Notre randonnée s'échelonnait sur deux semaines au maximum pour remonter par les berges le cours de cette tumultueuse rivière et la redescendre en rafting avec un canot pneumatique qu'Armand gardait plié dans ses bagages.
Ce fut un voyage féerique, nos journées se déroulaient sous le signe du soleil, sans anicroche, et mes nuits furent d'une luxure sur laquelle je ne puisse décemment m'épiloguer vu votre jeune âge. Avec ma belle Cora, je vivais des instants magiques. Nous nous sentions comme avaient pu se sentir Adam et Ève, dans leur jardin d'Éden. Ce voyage était pour nous une occasion rêvée de se débarrasser de nos chaperons. Mais comme dit le vieil adage: " profites-en tant que ça dure", car notre paradis terrestre était menacé.
Le matin du onzième jour, ma compagne et moi fumes éveillés par un hurlement horrible. Un son assez fort pour nous sortir de notre torpeur coupable devait être assourdissant à son origine, surtout que nous nous étions considérablement éloignés des autres tentes, discrétion oblige. Couvrant sa nudité de la housse de mon sac de couchage, ma dulcinée s'élança hors de l'atmosphère étouffante de notre nid. J'avais remis, au cours de la nuit, mes sous-vêtements, alors n'étant pas gêné par un fardeau comme elle l'était, j'atteignit les autres avant elle. Je ne puis rendre justice avec des mots à la scène qui s'offrait à moi. Je vis Jean-Pierre, hurlant le nom de son frère, tentant de se précipiter vers sa tente, retenu avec grand peine par un Jacob en caleçon.
Je vis Philippe, nu comme au jour de sa naissance, rendant son souper de la veille aux braises refroidies de notre feu de camp avec un bruit écœurant en pointant d'un doigt blême et tremblant la tente de notre guide
Incorrigible ronfleur, Armand avait planté sa tente à une distance respectable de celle des autres. La toile bleu azur de cette dernière était maculée de rouge-brunâtre, aucune déchirure n'était visible. Quand je passais la tête par l'ouverture avant, j'eus une vision qui me hante encore de nos jours, près de trente ans après ce drame. Je vis Armand, étendu sur son inconfortable couchette de camping. Je vis du sang, tellement de sang, séchant sur toute parois avoisinante. Mais je remarquais surtout l'air de ravissement total de la petite bestiole charognarde qui se repaissait avec délice des viscères tombant lamentablement de l'abdomen déchiqueté de notre guide.
Son cadavre était tiède.
C'était récent.
Son visage gardait une expression de souffrance atroce, un rictus tordu et douloureux qui restera à jamais gravé dans ma mémoire.
Je sortit la tête, horrifié. Faisant un effort surhumain pour garder mon estomac tranquille. À quelques pas, ma belle Cora s'était évanouie, et Philippe, ayant repris ses esprits, essayait de la ranimer et de camoufler sa pudeur féminine à l'aide de la housse.
Après quelques heures de sanglots, de vains réconforts et de questionnements, ce fut un Jean-Pierre hystérique qui nous hurla que l'on devait quitter cet endroit au plus vite.
Personne ne le contredit.
Nous démontâmes la tente de notre défunt compagnon, envoloppâmes sa dépouille avec elle et l'enterrâmes sur place, près du cercle de pierres qui avait accueilli notre feu.
Fuir, nous voulions fuir. Peu importe quelle était la créature capable d'un tel carnage, nous voulions, nous devions partir. Cora, très ébranlée par ces événements, mais encore lucide, nous fit remarquer que le moyen le plus rapide de fuir cet endroit était de gonfler notre canot et de descendre les rapides. Nous acquiesçâmes et elle se proposa bravement d'aller reprendre le canot, que nous avions par mégarde enseveli avec notre défunt guide. Personne ne tenta de lui ravir sa tâche... Elle revint, blême et secouée, les mains couvertes de sang coagulé, avec l'objet de notre salut et les pompes manuelles pour le gonfler. Nous nous échinâmes pendant trois bonnes heures sur ce maudit objet, avant de nous rendre compte, suite à une remarque sarcastique de Jacob, que la toile caoutchoutée n'avait pas remuée d'un centimètre. J'observais attentivement la membrane souple et je remarquais une déchirure.
Cinq déchirures parallèles.
Comme sur le ventre de notre ancien guide
Aucun des compartiments n'avais été épargné par les longues estafilades. Le bateau ne voguerais jamais. Rien ne peut décrire l'horreur et le désespoir qui nous étreignirent à cet instant là. Nous étions perdus, à près de dix jours de la plus proche habitation, à la merci d'une créature féroce et notre moyen de locomotion était hors d'usage. Nous dûmes vite nous rendre compte que la nuit tombait. Mon aimée se blottit contre moi en tremblant, l'ouverture de la tombe de notre défunt ami l'ayant fort ébranlée. Nous approchâmes notre tente de celles de nos compagnons d'infortune, nous serions ainsi plus en sécurité. Nous cherchions tous quelle était la créature capable de massacrer ainsi un humain. Jean-Pierre n'en démordait pas, c'était une créature surnaturelle, un lycanthrope, un gobelin. Il faut dire qu'il était traumatisé par la mort de son frère, son imagination dépassait sa raison. Cora, restée muette depuis l'épisode du canot, croyait qu'un animal sauvage avait tué notre ami. Philippe, du haut de ses deux mètres clama qu'il était en accord avec ma douce, qu'un animal, peut-être un carcajou, avait sauvagement mutilé Armand. Il dit qu'il n'avait pas peur d'une " sale bestiole de ce genre " et qu'il allait faire le guet cette nuit. Moi, je n'avais aucune position quant à la nature de cette chose. Je n'appuyais pas la thèse de Jean-Pierre, je ne croyais, je ne crois toujours pas, aux loups-garous, mais l'idée commune de mon amour et de Philippe était bien trop simpliste.
Un carcajou n'aurais pas déchiqueté notre canot.
En tout les cas, pas avec une telle précision. Et d'après mon souvenir, très vif, de la dépouille d'Armand, ses plaies étaient bien trop larges pour avoir été faites par un animal de la taille d'un carcajou. Quant à Jacob, il ne nous fit point part de sa théorie. Il se contenta de nous regarder nous creuser les méninges, sans se départir de son désagréable sourire narquois, et de tailler un animal non-identifiable dans un rondin de bois avec son long couteau à cran d'arrêt. N'étant pas d'humeur à faire un feu, nous allâmes tous nous coucher, sauf Philippe qui s'obstina à monter la garde.
Nous ne devions jamais le revoir.
Au matin, un Jacob impassible vint nous réveiller en nous disant simplement que Philippe était mort. Sans expression sur le visage, ces mots qu'il prononça furent longs à agir. Après quelques secondes d'hébétude, je bondis comme un fauve hors de la tente. Là ou notre ami avais établi son bivouac, une longue éraflure dans la terre meuble nous signalait une course éperdue. Il avait tenté de fuir.
Ce qui l'avait tué n'avais en tout les cas, fait aucun effort pour camoufler le corps. Après seulement 10 minutes de battue, Cora et moi retrouvérent le cadavre. Une pure horreur, un massacre gratuit. Il gisait, à demi-assis contre un grand pin, le pied droit accroché à une racine jaillissant du sol en quête de lumière. Éventré, la gorge ouverte et un simulacre répugnant de sourire, la main gauche crispée contre son épaule droite d'où l'épiderme avait été arrachée. On pouvait encore voir une partie du tatouage qui s'y trouvait quelques heures plus tôt. Une portion d'un tigre, toute griffes dehors, et les lettres "RÈME!" provenant du message qui y était inscrit. Ma belle se détourna de cette vision cauchemardesque en luttant visiblement pour garder son estomac en place. Je hurlais à nos compagnons que nous avions trouvé la dépouille.
Jean-Pierre accouru, visiblement horrifié, mais Jacob s'arrêta à une certaine distance et fixa d'un air amusé l'objet qu'il avait aperçu entre deux buissons.
Un outil de jardin, un petit râteau à cinq griffes, apparemment camouflé entre les arbustes. Jean-Pierre ramassa l'objet d'environ trente centimètres et l'observa, éberlué. L'objet avait été modifié pour permettre une plus grande ressemblance avec de vraies griffes, l'espace habituellement régulier entre chaque branche avait été réduit ou agrandi pour paraître plus réel. Je reconnus l'objet, il appartenais à Armand, qui s'en servait pour retirer les cailloux du sol sous sa tente. Manifestement, quelqu'un avait volé cet objet, l'avais transformé en arme meurtrière puis l'avais caché en vue d'un prochain usage. À la jonction entre le manche et les tiges de métal, un large morceau de peau étais ratatiné. Surmontant ma répulsion, je le retirai, le dépliait délicatement et le regardais. C'était le morceau d'épaule manquante de notre pauvre ami. On y voyais très clairement la partie gauche du tigre, et les lettres " NATURE X-T " qui manquaient sur l'épaule de Philippe. Dégoutté, je le jetais par terre.
Nous enterrâmes les restes de Philippe près de ceux d'Armand. La journée commençait et nous avions un très long chemin à faire pour retrouver la civilisation. Nous rammassâmes notre équipement, et nous partîmes en longeant la rivière. Nous comptions mettre cinq jours pour descendre, la montée ayant été ralentie par nos explorations insouciantes. Mais c'était sans compter les détours et les ramifications de la rivière. Avec Armand, quand la rivière faisait un coude, il nous faisait passer par la terre pour éviter ce détour inutile. Mais sans guide, nous ne pouvions nous risquer à entrer dans la forêt. Nous devions donc longer la berge sans nous en éloigner, ce qui nous ralentis considérablement. Au soir, ma chérie calcula qu'il nous restait environ huit jours pour revenir chez nous. C'était évidemment approximatif, car en fait, la plus proche ville était à dix jours de là. Affamés, épuisés, nous fîmes un feu, ce qui nous réconforta quelque peu. Le feu éloignait les ombres morbides de la nuit. Je fis cuire notre repas à Cora et moi, ce qui nous redonna un peu de notre énergie. L'atmosphère étais fort lourde près de ce feu de camp. Les regards suspicieux allaient de bon train, tous dirigés vers une seule personne : Jacob. Il était le suspect idéal. Personne ne le connaissait vraiment, il avait toujours semblé contempler les meurtres avec un étrange détachement, il possédait un couteau qui nous semblait très dangereux, et, le comble, il avait "trouvé" sans effort l'arme des crimes sans la chercher, pourtant elle était bien dissimulée. Ma douce m'avoua qu'elle avait une peur bleue de lui depuis qu'elle l'avais rencontré. Il émanait de lui un mystère et une sauvagerie dissimulée qu'il ne faisait pas bon d'avoir en ces instants difficiles pour nous tous. Quand il sortit son couteau en vue de continuer à graver son rondin de bois, je lui dit sèchement de le ranger : Il effrayait la dame avec cet objet. Il me regarda, amusé, puis se détourna sans perdre son détestable sourire. Je n'aime pas les bagarres, mais quand cet impertinent fit des mouvements plus amples avec ses bras, et que je me retrouvais aspergé de copeaux de bois, toute la tension accumulée dans ces derniers jours explosa et je me ruais sur lui. Le combat fut bref, Jean-Pierre vint à ma rescousse et le détestable personnage se retrouva étroitement ficelé à un sapin avec les cordons de ma veste.
Nous étions surs d'être en sécurité avec Jacob attaché, surtout depuis qu'il nous avait menacé de nous tuer si nous ne le détachions pas immédiatement. Pour le faire taire, je décidai de le bâillonner étroitement avec un morceau de ma manche de chemise. Il se démena comme un diable, mais il ne put venir à bout des liens serrés qui le retenaient prisonnier. Je dus presque attacher Jean-Pierre aussi tellement il était furieux. Il croyais avoir trouvé l'assassin de son frère aîné et était bien décidé à lui faire payer. Il décida de le garder cette nuit là pour s'assurer qu'il ne bougerais pas.
Nous dûmes nous rendre compte de notre méprise.
Après une nuit des plus reposantes, nous nous éveillâmes mon aimée et moi, tranquillement, et non par un hurlement où une annonce de mort comme les jours précédents. Je me retournais paresseusement, souhaitant prolonger mon sommeil. Cora se leva et ouvrit la porte de la tente pour faire une circulation d'air. Elle passa la tête à l'extérieur, puis poussa un hurlement strident qui résonna dans mes tympans comme un coup de tonnerre. Elle tomba évanouie sur mes jambes et je dus me débattre comme un poisson pour me dépêtrer et aller regarder dehors. L'horrible carnage que je vis alors ne doit avoir d'égal qu'en enfer. Jacob, toujours accroché à son arbre, éventré, saigné à blanc par les poignets et la gorge, il avait en plus été horriblement défiguré, les yeux crevés, le nez réduit en bouillie. L'agresseur s'était terriblement acharné sur sa victime. Il n'y avait pas un centimètre de peau qui n'avait pas été poignardé où écorché. Les mouches avaient pris possession du cadavre, une masse noire et mouvante bourdonnait sans répit sur le ventre ouvert et sanguinolent du pauvre homme. Je repris mes esprits et cherchais Jean-Pierre. Pouvait-il avoir si sauvagement assassiné cet homme ? Où était-il ? Je couru réveiller ma dulcinée, je démontais la tente, et traînant nos deux sacs d'un bras et Cora de l'autre, je courus à perdre haleine vers la berge, loin de cette vision horrible. Je manquais me tuer en butant contre un tronc d'arbre près de la rive. Je m'étalais de tout mon long sur les galets vaseux et, en étirant le bras pour trouver un appui afin de me relever, j'entrais en contact avec une chose visqueuse. Croyant à un amas d'algues ou à un poisson, je la ramassais rageusement sans la voir et m'apprêtais à la lancer quand j'interrompis net mon geste.
Je tenais une main.
Une main d'homme portant une lourde chevalière.
Les lettres J-P y étaient gravées. J-P...Jean-Pierre...
Mais où était le reste de son corps ?
La réponse vint avec un cri de ma douce. Je mélancais vers elle, et je la vis, blanche comme la mort, horrifiée, tenant par les cheveux la tête de Jean-Pierre. Notre ami avait été décapité. Le reste du corps démembré gisait, entouré de corbeaux. Le long couteau à cran d'arrêt de Jacob fiché dans la poitrine. Mon aimée lâcha prise en gémissant et la tête décapitée tomba au sol où elle s'écrasa avec un bruit mât écœurant, tache blonde dans la boue. C'en était trop pour Cora, pour une femme de cette époque, elle était déjà extraordinairement forte d'avoir supporté ces événements, mais la vue de quatre cadavres horriblement mutilés, dont l'un était celui d'un de ses meilleurs amis, c'en était trop pour elle. Nous descendîmes le long des berges à toute allure, ne nous arrêtant que lorsque nos jambes ne furent plus en mesure de nous porter. Nous nous couchâmes, exténués. Je songeais à rester éveillé pour veiller sur ma fiancée, mais la fatigue eut raison de moi et je sombrais dans un sommeil plus que réparateur.
Errant dans ce sommeil, je fis un étrange reve, une ombre pénétra dans l'enceinte de la tente et me fit un signe, cette ombre avait une apparence humaine, mais avait aussi ce petit quelque chose de malcin, qui me fit frémir cette même ombre, s'engoufra en moi,et je me réveilla dans une frayeur indescriptible.
Je crois que je n'ai jamais été aussi heureux de me réveiller. Je calculais que d'après notre allure de la veille, nous ne prendrions que cinq jours pour descendre. À vrai dire nous étions à cet instant à sept jours de le civilisation. Cora s'éveilla en sentant mon agitation. Je caressais avec douceur ses doux cheveux blonds en la rassurant, nous étions vivants tout les deux. Mais nous savions pertinemment que la partie n'était pas gagnée. Nous ramassâmes notre équipement, sans nous préoccuper de la tente que nous n'avions pas montée. En aidant ma belle à ramasser son sac, un flacon presque vide s'en échappa. Le ramassant, je vis des granules rougeâtres, il n'y avait point d'étiquette mais en le débouchant, je reniflais la substance et reconnut immédiatement l'odeur douceâtre de la belladone. Que faisait donc mon aimée avec un si puissant somnifère? Je lui demandais, et elle m'affirma, éberluée, n'avoir jamais vu ce flacon. Suspicieux, je le glissai dans ma poche et nous partîmes le long des rives. Notre vitesse était moindre comparée à celle de la veille, nos jambes ayant protesté dès les premières enjambées. Nous passâmes la journée entière à avancer, sans pause, mangeant en cours de route. Le soir venu, je pris le temps de monter la tente car une fine bruine tombait. Nous nous endormîmes, harassés. Au matin, je m'éveilla.
Couvert de sang.
Mais, je ne ressentais aucune douleur...
Cora...
Je regardais vers mon aimée, je ne voyais que son sac de couchage. Je fermais les yeux, suppliant les cieux d'un miracle...qu'elle soit vivante... J'abaissai son sac, sans oser ouvrir les yeux. Quand je me décidai, je vis la femme de ma vie, morte, les yeux exorbités, un air de supplication muette sur son adorable minois. Je défit complètement le sac, elle avait été égorgée et poignardée. Partout sur son corps et dans les plis de sa chemise de nuit, des granules de belladone. Le flacon avait disparu. Le meurtrier me narguait et répandant un produit en ma possession sur la dépouille de ma future épouse décédée. Sous trois de ses ongles rougis par le sang, se trouvaient trois longs lambeaux de peau. Elle avais également des morceaux de peau dans la bouche. Elle avait tenté de se défendre en griffant et en mordant son agresseur...elle avais sûrement dû hurler, se débattre, mais je n'avais eu conscience de rien, et je devinais que la belladone avait servi à me droguer. Je sortit de la tente, et, les yeux pleins de larmes, j'enterrai ma douce Cora en me servant de la toile comme linceul.
J'allai me laver dans la rivière, sanglotant, j'essuyai le sang qui maculait mon corps.
Brisé, détruit, je continuais la route vers mon salut. Je marchais comme un zombie, la tête vide. Je marchais, rien d'autre n'importait.
J'ai continué tout droit, coupant à travers les bois. Peu m'importait de me faire dévorer par un animal sauvage, ma douce Cora n'était plus, la vie ne valait rien. Mais pourtant je marchais.
Je marchais durant des jours, jusqu'à ce que mes pas me mènent à cette montagne, d'où je ne suis pas descendu depuis 30 ans. Voilà mes enfants, voilà l'histoire qui m'a mené à devenir ermite. "
Les enfants me fixent depuis maintenant plusieurs heures, les yeux ronds, effrayés. La petite Élodie est la première à réussir à articuler un mot.
" Mais...M...Monsieur, est ce que tu sais qui as tué tes amis comme ça ? "
Je lève vers le feu et vers eux un visage ravagé, prenant bien soin de leurs montrer ainsi les trois longues cicatrices qui ornent mon visage et la profonde morsure qui déforme ma joue. Je sentit mes yeux rougir et ma voix se faire très basse en leur disant :
" N'oubliez pas mes enfants...si je parle je vais en enfer...en enfer..."


Intermède

Abraham Lincoln disait: "Si tu cherches le mal dans l'être humain, tu es sûr de le trouver. Si tu cherches le bien, tu le trouveras également".

Les esprits frappeurs sont des esprits qui errent dans ce monde qui n'est pas le leur, car ils ont quelque chose à terminer, ils prennent des formes diverses ou entrent dans votre corps à la première occasion et y restent jusqu'à ce qu'ils aient terminés leur terrible tâche, un esprit frappeur passent d'un corps à un autre et sachez qu'en partant il prend un peu de votre âme, et le mélange à d'autres âmes. Un esprit frappeur n'est qu'un mélange d'âmes qui vous hante.
Ne vous est-il jamais arriver, d'être dans un endroit et d'éprouver la sensation d'être déjà venu, ou d'avoir déjà vécu certaine sensation auxquelles, vous n'avez encore jamais goûté ce sentiments de déjà vu?
Si oui, et bien maintenant, vous savez pourquoi...


Chapitre 2 : La rencontre

Les enfants quittèrent ma cabane sans dire un mot, même la petite Elodie ne dit pas un mot, juste un regard en fermant la porte derrière elle, un regard dégoûté, regard abstrait, mais pas le joli sourire au quel j'avais eu l'occasion d'avoir droit ,lors de leurs départs , de leurs visites occasionelles, un sourire, oui un sourire car elle ne connaissait pas encore mon histoire et ne m'avait encore jamais vu a la lueur d une lumière ! Les reverrais-je un jour?

Cette question me hante, jusqu'à ce moment ou quelqu'un frappa a ma porte, je me leva et alla très discrètement voir qui pouvait bien venir importuner un ermite comme moi, vu que je n'attendais plus personne, les enfant ne viendront quand même plus...

j'ouvris la porte et la je vis l'un des enfants couché a même le sol couvert de sang, son visage était griffé et je reconnus très distinctement les cinq griffes qui ornaient sa joue ainsi que les déchirures profondes sur ces vêtements et son torse dechiquetté, mon dieu le cauchemar devait reccomencer (cauchemar si ça pouvait l'être) je me mis a regarder directement autour de moi, mais rien pas de bestiole énorme et difforme( un lycanthrope, un gobelin)comme aurait pu dire Jean-Pierre ou comme on aurait pu l'imaginer, rien toujours rien comme auparavant, dès ce moment je repris conscience de la gravité de la situation a laquelle je devais faire face ,un enfant mort devant ma porte, moi l'incompris, le fou de la montagne comme se plaisaient a dire les gens du village, j'etais le parfait meurtrier pour eux, si ils venaient a découvrir le corps de l'enfant gisant devant chez moi.

Je pris la décision de ne pas prévenir les autorités concernées ,et de m'occuper de ce petit corps, comme je l'avais déjà fait avec celui de ma bien aimée et de mes compagnons d'infortune auparavant.

C'est alors que je descendis dans la montagne avec comme seul compagnon ce petit être dans mes bras, enroulé dans une couverture beige, qui était maintenant plus rouge que beige, et une pelle.
Je choisi un endroit pas trop près de ma cabane et pas trop loin car, mes vieilles jambes ne pourraient encore me transporter là ou je le veux, et y enterrai le jeune garçonnet.

Âpres avoir bien caché cette tombe plus que précaire mais non moins utile pour mon bien être, je repris des forces en m'asseyant sur un rocher, c'est alors qu'une odeur nauséabonde vient jusqu'a moi, il faisait chaud cet été, et je me dis que c'est certainement un animal qui devait être mort pas très loin de là, qui devait dégager une telle puanteur, je me leva et là, quelle ne fut pas ma surprise en voyant derrière moi, la fameuse griffe de jardin transformée, attaché aux griffes, des morceaux de chaires et de cheveux blond, l'odeur venait bel et bien de là, mais que faisait-elle là, si près de moi, et là ou j avais choisi d'enterrer le jeune garçon pour quoi là? Et des cheveux blonds?
Mais le jeune garçon n'avait pas les cheveux blonds mais roux! A qui donc appartenaient ces cheveux blond, à qui, à une autre victime ?


A cet instant je sentis une présence, une présence malsaine, une présence avide de sens, mais cette présence, était bel et bien là, je ne tardai pas à avoir la réponse en voyant au loin un être étrange, ce même être que j'avais déjà vu et dont je ne pouvais pas parler, car(si je parle je vais en enfer, oui en enfer) cet être se déplaçait bizzarement, on aurait dit qu il volait, en tout cas il se déplaçait comme sur un tapis volant, il me fixa un instant, et me souris, je ne pus lui rendre son sourire, par peur et imconprehension, pourquoi était-il là ? La dernière fois que je l'avais vu, il m'avait fait comprendre de ne jamais parler de lui, ce que j'avais bien entendu fait, à part hier, ou j'en avais parlé aux enfants, mais je n'avais pas dit tout pourtant, alors pourquoi ,revient-il?

Il se dirigea, vers moi, me tendis un morceau de tissu, on aurait dit, une sorte de chiffon ,je le pris et la, je m'aperçu que ce morceau de tissu avait un contenu, je l'ouvris et la je découvris une oreille, à laquelle était accrochée une boucle, cette boucle d'oreille appartenait a mon défunt amour, Cora.

Je la jetai aussi vite, je voulais hurler mais aucun son ne voulait sortir ,rien, le silence comme dans un rêve malsain, ou l'on veut se réveiller, pourquoi me donner l'oreille de ma défunte chérie (décédée il y a bien des années, cette oreille devrait être putréfiée depuis le temps),à cet instant mon sang ne fit qu'un tour, je voulais des réponses mais l'homme n'était plus la...ainsi que le petit râteau de jardin. qui avait sans doute du être emporté par cet homme.

A cet instant je pris la décision de rentrer chez moi au plus vite, de nettoyer le devant de ma porte qui était taché de sang, ainsi que la porte elle même, et de m'enfermer en attendant la mort venir, cette mort que j'attendais avec une telle impatience mais ne viendrait de toute façon pas assez vite, car hors de question de me donner la mort(je lui avais promis) oui tenu par bien des promesses auxquelles je ne pouvais rompre, car si je les romps(les portes de l'enfer m'attendent) ce même homme, m'avait épargner la vie à plusieurs conditions, la première ne jamais parler de lui la deuxième, promettre que je l'aiderais quand il aurais besoin de moi et la dernière et non pas la moindre, ne pas essayer de me donner la mort. Cette mort si réparatrice pourtant depuis la disparition de mon amour.

J'étais assis avec cette enveloppe de tissu et son contenu, qui était devant moi sur la table, je n'osais la retoucher (je l'avais repris avec moi en la prenant avec ma pelle)car hors de question de laisser cet organe près de la tombe du garçonnet, trop d'indice qui pourrait évoquer des suspicions a mon sujet, l'Ermite, oui je suis un Ermite, un Ermite vieux et bien seul depuis la disparition de ma bien aimée, je hais les gens, ces imbéciles ne savent pas encore la terrible malédiction qui va les hanter et leur prendre la vie"

Je me levai et allai vers cette enveloppe de tissu, je décidai de l'ouvrir et de regarder une dernière fois son contenu, le tissu était taché de sang, et des vers en sortaient, mais à l'intérieur plus rien! son contenu avait disparu ! L'aurais-je perdu pendant mon retour? Impossible je ne l'avais pas quitter des yeux, il était posé sur ma pelle et je ne n'avais pas fait de fausses manoeuvres en revenant des obsèques plus que précaire du tristement décédé garçonnet roux! Et pourtant sur le petit râteau meurtrier il y avait des cheveux blond, Cora était blonde! Se serait-il servi de se râteau pour déchiqueter l'oreille de ma bien aimée, mais c'est impossible ! Ma Cora était décédée de puis bien longtemps et sa si belle chevelure ne pouvait plus être, comme son oreille et tout le reste de son corps, que j'avais laissé là-bas, sous 12 pieds de terre, et son oreille ne manquait pas a son doux visage ,ce visage que j'aurais voulu pouvoir embrasser une dernière fois avant qu'elle ne donne son dernier souffle, je m'endormi dans ce vieux fauteuil qui me servait de lit.

le lendemain matin,
à nouveau j'entendis quelqu'un frapper à ma porte, je n'osa aller ouvrir, et si c'était encore cet homme, ou un corps qui m'attendait gisant sur le sol, non, je n'osais pas aller ouvrir, cette personne frappait avec une telle insistance, et j'entendis a cette instant une petite voix féminine dire"monsieur l'Ermite ouvrer la porte si vous êtes là, c'est moi Elodie, il s'est passé quelque chose...)
A ce moment là, je pris la décision d'ouvrir à la petite Elodie.

Elle se trouvait devant moi toute frigide avec ces 3 amis habituels, dont un manquait, elle me parla d'un certain "Julien, dit le rouquin", je lui dis que je ne connaissais personne répondant à ce nom, et elle me répondit que ce garçon, était venu avec eux hier chez moi, mais avait oublié son mouchoir de poche chez moi, et était revenu tout seul le rechercher, mais n'était jamais redescendu de la montagne.
Bien entendu je voyais de qui elle voulait parler, mais je n'allais pas lui révéler que son ami julien était bel et bien venu chez moi, mais pas comme elle pouvait l'imaginer.
En regardant derrière moi, elle aperçu sur la table le mouchoir de julien et me dit que ce mouchoir est celui que julien avait oublié chez moi, et me pria de le lui remettre, ce morceau de tissu que l'homme m'avait remis avec son contenu (l'oreille de ma bien aimée) était donc le mouchoir de ce jeune garçon roux"

Je ne pouvais répondre à sa requête, car le mouchoir était taché de sang et remplis de vers, je lui dis, que je pensais que ce mouchoir m'appartenait et que j'y avais plusieurs fois libéré le contenu de mes sinus ,et que je lui rendrais dès que je l'aurais nettoyé, la petite Elodie, me répondit qu'elle repasserait un peu avant midi pour le récupérer, et qu'ils allaient à la recherche de leur ami dans la montagne, elle me dit que le garçon s'était probablement perdu, et que tous les villageois étaient parti à sa recherche depuis tôt ce matin.

A ce moment, la petite Elodie et ses compagnons quittèrent l'entrée de ma cabane en se dirigeant vers le haut de la montagne à la recherche de leur camarade tristement disparu. Comme promis, je me mis à la pénible tâche du nettoyage du mouchoir, ce que je fis asse vite, c'en était trop pour moi, devoir cacher des indices et des preuves d'un meurtre ,juste pour me protéger et protéger un homme, un être que je ne connaissais que dans d'horribles circonstances, tout ça pourquoi? Tout simplement car, si même moi je ne comprenais pas la signification de tout ça, allez demander à des gens qui ne me comprennent pas et me détestent, de me comprendre! Toute ma vie je fis des efforts surhumains pour me protéger de toute questions indiscrètes auxquelles je ne pourrais quand même pas répondre, vu que je n'avais pas les réponses.

Mon pénible travail allait enfin commencer, je pris le présent mouchoir et y débarrassa les vers qui l'inondait, je les jetai par ma fenêtre, fenêtre qui était restée ouverte toute la nuit, il faisait très chaud la nuit cet été, je fis chauffer de l'eau, pris un peu de savon et voulu reprendre le mouchoir que j'avais déposer sur le rebord de ma fenêtre, à ce moment là, le mouchoir avait disparu, envolé? Pris pas une bestiole?un oiseau? Je ne suis quand même pas fou! La petite Elodie l'avait quand même bien vu aussi, alors ou était ce mouchoir? En me penchant sur le rebord de la fenêtre je vis un cadavre mais bel et bien vivant, les viscères à l'air, et la moitié de la tête en moins du jeune garçonnets, a genoux avec entre ces mains le mouchoir de poche, il récupérait les vers que j'avais moi même jeté par la fenêtre un court moment avant, et les remettait dans son mouchoir de poche, pour mieux les ingurgiter un a un, avec un appétit de loup, en voyant ce spectacle si dégouttant, même pour moi qui en avait déjà tant vu, je me dirigeai vers la porte en courant pour me soulager oralement de mon dîner d'hier soir, une fois cette pénible tâche accomplie, je me rendis vers la fenêtre pour m'assurer que je n'avais pas rêvé, là plus rien, le garçonnet avait disparu, mais sans emporter son mouchoir qui était resté là par terre, je le repris mais les vers aussi avaient disparu du mouchoir, les avaient-ils tous ingurgités? Le mouchoir était propre comme si rien n' y avait été déposé auparavant, mais tout ça va me faire devenir fou,la seul chose qui restait depuis cette histoire de dons de cette étrange homme, le mouchoir, l'oreille, les vers faisant leur festin, tout ce qui me restait, était le mouchoir, mais "propre"comme je n'avais pas encore eu l'occasion de le voir, depuis que cette étrange homme me l'avait remis.

Midi allait arriver, et la petite Elodie aussi, avec ses amis rechercher le fameux mouchoir qui était propre sans le moindre efforts de ma part, si ce n'est , l'effort de comprendre la situation à laquelle j'étais encore pris à parti.

Je me mis à réfléchir à ces moments quelques peu étranges auxquels j'avais eu droit depuis que j'avais parlé aux enfants de ma triste histoire et non moins banale, cette histoire qu'ils attendaient tant avec cette curiosité d'enfant que je n'avais plus eu l'occasion de voir de puis bien des lustres.

Il était midi moins dix, quand la porte s'ouvrit violemment brisant au passage, la petite branche de gui qui la ornait, mais personne derrière cette porte, c'était l'été et il n'y avait aucun vent dehors, une chaleur tropical oui, mais pas de vent assez violent pour pouvoir pousser cette porte et l'ouvrir, à ce moment, je me rendis compte qu il y avait une ombre, l'ombre de la mort, je la recconu, elle était déjà venue me voir une fois, cette même ombre que j'avais pu voir juste avant que l'homme ne la fasse partir, est-ce que cette fois-ci, l'homme me sauverait encore? Je ne peux pour l'instant y répondre, car je me sens partir, partir loin de ce monde.
Loin, mais j'étais encore pourtant dans ma cabane, mon esprit partait et suivait cette ombre, mon corps lui, restait dans la cabane. Cette ombre m'emmenait avec elle, comme si elle me prenait la main, et me dirigeait dans les couloir du temps et de la mort, la je revis des gens que j'avais connu et qui était décédé il y belle lurette, un peut plus loin se trouvait une lumière, cette lumière que les gens voient quand ils arrivent aux portes de la mort ,bien sûr ceux qui ont la chance d'en parler ! Apres sont ceux qui en sont revenu, vais-je en revenir...cette lumière se fait de plus en plus pressante et se rapproche de moi ou est-ce moi qui me rapproche d'elle? Autour de cette lumière se trouvait une femme que je voyais de dos, elle se tourna brièvement sur moi, mais j'eu juste le temps de reconnaître ma belle et bien aimée Cora, elle était coiffée d'un capuchon rouge, mais je pu apercevoir, ces doux et long cheveux blond qui débordaient de ce capuchon. A ce même moment elle se retourna vers moi, et la cette vision me glaça d'effroi, elle avait le visage ensanglanté, ces yeux étaient verdâtres et allaient de gauche à droite, et on y lisait maintenant autant d'incertitude que de souffrance. Un flot de sang coulait sur le devant de sa poitrine. A ce moment, la forme de son crâne s'allongea, comme si il avait été fait d'une cire qui serait en train de s'assouplir et de fondre, du sang en coulait comme une fontaine, et un jet de sang parvenu jusqu'à moi, me touchant sur l'une de mes joues. Une trompe sortit de sa bouche et vint se ficher dans mon bras.

La créature qui avait semble-t-il pris la place de ma bien aimée, changea aussi vite de couleur, elle était au départ blanche, vira brusquement au rose puis pour terminer, avec une étonnante rapidité en rouge.
Actuellement, pris d'une soudaine et mortelle inspiration, je me rendis compte d'avoir affaire à une sorte de variété monstrueuse de sangsues. Cora n'était plus mais à sa place se trouvait cette espèce de sangsue.

Je me mis à crier et frappa sur la trompe de cette créature qui était entrain de sucer mon sang, aux troisième coup elle se déchiqueta avec un bruit mouillé écœurant. du sang -mon sang- inonda mon bras du poignet au coude, je ne ressentis aucune douleur, mais j'éprouvais en revanche une sensation hideuse, celle de me vider...
je ne voulais pas mourir dans ces conditions mourir oui! mais pas comme ça, ce n'est pas réel, ce n'est qu'un rêve, ne t'en fais pas, ce n'est pas réel, rien n'est réel...
mais tout paressait si réel, le sang par terre, d'un rouge si vif, les débris de la trompe pompeuse de sang était a mes pieds, et cette chose s'éloignait, me regardant avec une telle haine, ces yeux vert étaient maintenant rougis de sang, la bête s'éloigna ainsi que l'ombre. L'Homme pris sa place, et me dit que j'avais très bien effectué mon travail depuis qu'il était entré dans ma vie et dans mon corps, et que j'allais maintenant rester ici, dans cet enfer qui sera ma dernière demeure, car plus jamais je ne rentrerai dans mon enveloppe charnelle, car elle était dépourvue de vie.

A ce moment, dépourvu de tout sens, je ne pu m'empêcher de lui poser la question, l'enfer? Mais vous m'aviez promis autrefois, que l'enfer ne serait pas pour moi,si je gardais et respectais les trois promesses!
Il me regarda d'un air audacieux et me contempla de haut en bas et me dit qu'ici, ce n'est pas l'enfer, mais bien pire...et il se mit à rire, mais pas à rire comme vous et moi, non un rire suspicieux juste un rictus que je pouvais sentir à travers cet aspect d'ombre suspicieuse et audacieuse.

II me adressa à nouveau la parole et me dit, il est temps de te révéler la malédiction qui te hante, car ici ils savent tous que...

Chapitre 3: La peur d'Elodie.

Il devait y avoir longtemps qu'on frappait à la porte car il lui sembla que les coups se percutaient loin, très loin dans les avenues du sommeil tandis qu'il luttait pour reprendre conscience. Il regarda sa montre bracelet et il y pu lire midi douze, il se redressa d'un coup, il se sentait à la fois angoissé et désorienté.
Ce n'était donc qu'un mauvais rêve, encore un de ces rêves malsain qui me repoursuit depuis ce fameux jour ou j'ai eu le malheur d'en parler aux enfants, mon bras n'avait aucune morsure, et j'étais bel et bien dans ma cabane, aucune espèce de sangsue n'avait donc essayer de me sucer mon sang jusqu'à la mort, et cette ombre, et Cora, tout ça n'était qu'un rêve(cauchemar)
J'entendis une voix d'enfant, c'était certainement Elodie qui venait récupérer le mouchoir de son ami disparu, j'ouvris la porte, elle avait une expression désarmée, une expression de quelqu'un qui cherche une aiguille dans une botte de foin, nous échangeâmes un rapide regard, et je compris ,qu'ils n'avaient pas encore trouvé la tombe du petit, que j'avais, il faut bien le dire, bien cachée.

La petite Elodie, me réclama le mouchoir, ce que je fis sans délai, je lui remis, et c'est alors qu'elle leva encore cette fois-ci ses yeux de biche, les mêmes yeux, qu'elle avait quand elle me demanda de lui raconter ma vie et me posa, cette question"Monsieur l'ermite, pensez-vous que la chose qui a tué votre amie, et vos amis autrefois, soit à l'origine de la disparition de Julien?"
Je ne pus lui répondre par un regard de désolation les premières secondes, et puis je lui dis, écoute ma chérie, ce qui c'est passé autrefois avec moi il y a maintenant 30 ans, ne peut se reproduire ici, ton ami, a sans doute tout simplement fuguer et reviendra, si ce n'est déjà fait à la maison, je dus lui mentir car son petit air triste me faisait mal au coeur, cette petite est la seule qui ne me craint pas, et pourtant, je dois lui mentir, sur ce que je sais pour son bien être et celui des autres enfants.

Je l'invitai à rentrer, pour se reposer un peu, et prendre un chocolat chaud à l'intérieur, ce qu'elle fit sans attendre, à cet âge, la montagne fatigue vite les enfants, je lui demandai ou en était les recherches et si il y avait du nouveau. Ce que j'avais donc, suspecter il y a un court moment en regardant dans ses yeux, ne fit que se confirmer, ils n'avaient donc encore rien trouvé, aucun indice, rien. Je me mis à lui préparer un chocolat chaud, comme elle les aimait tant. Elle s'assit et je me mis à faire chauffer du lait et à faire fondre du chocolat, pendant ce temps, la petite revint, sur ses dires quelle avait prononcé à son arrivée, elle me redemanda, si je ne pouvais lui en dire plus sur cette chose, qui avait tué mes compagnons d'autrefois, j'aurais tellement voulu pouvoir lui, en dire plus, mais de quoi pourrais-je bien lui parler, de mes rêves qui reviennent à la charge, de l'ombre qui me poursuit. A chaque fois que je vois cette ombre ou qu'un cauchemar fait son apparition ,un terrible drame va se passer, non, je ne peux lui déclarer tout ça, car si je parle, je vais en enfer, oui en enfer, et elle en sait déjà trop.

Je profitai de la montée du lait pour essayer de changer de conversation, et ne pas répondre à sa demande, mais à cet instant, je fus pris de stupeur devant cette montée de lait, le lait de vache qui était blanc comme la neige au départ, était maintenant, d'un rouge sang et des bulles y éclataient à la surface, comme une éruption volcanique, mais le volcan, ressemblait bien plus à une artère ouverte . La petite me voyant, consterné et épris d'une expression de dégoût, se mis tout simplement à retirer la casserole du feu, comme si de rien n'était, elle me fixa d'un air étrange, mais que se passe-t-il monsieur, pourquoi n'avez vous pas retiré la casserole du feu, le lait en sortait et vous n'avez rien fait! à cet instant je compris que la petite n'avait pas eu la même vision d'horreur à laquelle j'avais eu droit. Je regardai vers la casserole et le sang qui en coulait quelques instants auparavant, était brulé, sur la surface de cette dite casserole, les mains d'Elodie étaient tachée de sang, le chocolat fondu dans une casserole était maintenant d'une viscuosité et d'un aspect plus que précaire, il dégageait une odeur de putréfaction, et avait l'aspect gouléant, qu'à la masse de viande avec laquelle on fait le boudin noir, elle s'empressa de faire le mélange comme si de rien n'était et vida cette mixture de boucher dans deux tasses et y rajouta le sang chaud(lait),elle me regarda avec un air d'incompréhension, et m'invita à la rejoindre à la table pour y déguster le dit chocolat chaud, la voyant boire cette mixture, je ne pus me retenir et lui arracha des mains! La tasse tomba par terre et éclata sur le sol, la petite désorientée me fixait, et je sentis dans son regard autant de m'épris et d'effrois, qu'un animal se sentant piégé par le chasseur, elle hurla, et pris la porte comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Je contemplais ce spectacle de fuite avec une certaine réticence, elle avait eu peur de moi, moi son ami l'Ermite, mais elle ne voyait donc pas ce que je venais de lui épargner comme breuvage, je ne fis rien pour l'arrêter et la poursuivre, lui expliquer.
Au même moment mes yeux redescendirent sur le sol, et la je vis qu'en fait la fameuse mixture était redevenue, tout bonnement du lait au chocolat.

A cet instant je me mis à nettoyer, le lait chocolaté, qui ornait le sol, et je ne pus me rendre à l'évidence que la petite ne viendrait plus cette fois-ci, elle avait du avoir peur et ne pourrait jamais comprendre mon geste d'infortune à son égard.
J'allai rincer la tasse qui était restée sur la table dans l'évier, en lançant un rapide regard vers la fenêtre, la je pus apercevoir Elodie qui était occupée à m'observer, je fis comme si de rien n'était en me dirigeant vers la porte de sortie, pour essayer de l'intercepter, et lui expliquer, pourquoi j'avais agi avec un tel manquement de douceur à son égard.
Je me dirigeai donc vers la fenêtre par l'extérieur, une brindille craqua sous mes pieds par m'égarde de ma part, et le bruit saisissant se répercuta aux oreilles d'Elodie, ce qui ne se fit pas sans l'effrayer, elle prit peur une nouvelle fois et se précipita vers son salut, en criant le plus fort possible. Son hurlement se fit entendre avec un écho sombre et bruyant dans toute la montagne, ce qui ne fit qu'appeler les chercheurs à ça rescousse.

Ces gens, se dirigent maintenant vers moi, et sans manquement de prudence et d'égard envers moi, me précipitent par terre, trois me tenait, et deux me lançaient des coups de pieds acharnés dans l'abdomen, et dans la tête, ce qui se fit sans peine pour me sonner et me rendre inconscient.

Je me réveillai dans la soirée, dans une cellule sombre et mystérieuse, un homme se tenait devant moi, il avait un smith wesson braqué sur moi, un regard remplis de haine, et il avait l'air d'avoir la gâchette facile.
L'Homme en question, m'adressa la parole, mais je ne pu comprendre ce qu il disait, tellement ma tête me faisait un mal de chien, il entreprit de rentrer dans ma cellule, pour me faire rentrer ses paroles à sa manière, il me frappa de toute ses forces encore et encore, il me posa des questions sur la tragique disparition du petit, et pourquoi j'avais entrepris de courir après la petite, ce que je ne pouvais bien sûr lui en dire plus, j'étais déjà dans un état de souffrance interne et musculaire bien plus, ce qu'un homme de la cinquantaine pouvait en supporter.
Au même instant je revis derrière lui, l'ombre, toujours avec ce petit rictus malfaisant et fascinant, j'essayai de prévenir l'homme qu'elle était derrière lui, mais il était déjà trop tard, l'ombre lui asseignit un terrible coup à la tête, et il tomba aussitôt la tête la première sur le sol, l'ombre se mit à piétiner sa tête, ce qui la fit éclater comme une pastèque, j'étais couvert de sang, et des morceaux de cervelle ornaient ma chemise, je m'abaissai et pris le smith et wesson, qui avait chuté lourdement en même temps que son propriétaire sur le sol, je voulais mettre en joue l'ombre, mais elle avait disparu en prenant soin de reprendre la griffe de jardin qui était posée sur le bureau du shérif. Un autre homme qui était à mon avis l'adjoint du shérif ,fit son apparition, il devait sans doute être dehors au moment ou il a du entendre les cris du shérif, shérif qui était maintenant à terre la tête écrasée sur le sol, cet homme me regarda d'un air stupéfait, et me dit, mais qu'avez vous donc fait? Je n'eu pas le temps de lui répondre et de lui expliquer que je n'avais rien avoir avec cette vision d'horreur, que c'était cette ombre qui avait assasiné le shérif, mais je n'eu pas le temps de dire un mot, qu'il essaya de prendre son pistolet pour me mettre en joue, à cet instant, pris de panique et de peur, je n'eu qu'une seule solution, tirer et tuer avant d'être tuer. Ce que je fis, sans m'en rendre compte, je lui logeai une balle en pleine poitrine, et pour abréger ces souffrances lui en remit une dans la tempe. Je n'avais plus le choix, il fallait partir au plus vite de cette enceinte, mais pour aller ou? La montagne, pas questions d'y retourner. Je ne connaissais personne, ou bien vais-je pouvoir aller, à cette question, je pourrai m'en préoccuper ultérieurement, le principal, pour l'instant, était de partir de la prison, ce que je fis aussitôt, je pris la porte de derrière, c'est de là que l'adjoint était entré.
Cette porte donnait sur une rue déserte, je pris un air soigné, et distingué pour me fondre dans la foule, les gens d'ici ne m'avaient jamais vu, et donc ce qui se fit sans mal ,il faisait déjà presque nuit, et les seuls personnes que je croisais étaient des clochards ou des gens qui erraient sans vraiment savoir ou ils vont, un peu comme moi.
Je décidai de sortir de la ville, j'avais un peu d'argent sur moi, je devais quand même bien trouver quelque chose.
Me voila donc, un meurtrier, j'avais agis en cas de légitime défense, mais allez expliquer à ces gens “que l'ombre a tuer le shérif du conté, et que j'avais tout simplement, agis en tuant l'adjoint, juste par légitime défense”,personne ne me croira, et ils me lyncheraient plutôt que de s'intéresser a mon cas, moi l'Ermite, l'incompris,..., mais la petite Elodie, que va-t-elle penser de moi, elle a du avoir très peur de moi, quand je suis sortis de la cabane pour lui expliquer, oui, juste pour lui expliquer, mais les enfants parfois ne comprennent pas toujours les gestes des adultes, surtout le geste odieux que j'ai eu envers elle.
Pauvre petite…

Chapitre 4: Le cimetière


Je marchais en ne pensant qu'à une seule chose, me cacher et fuir une nouvelle fois. La plus proche ville était à bien deux jours de marche, mon estomac était vide, et mes vieilles jambes ne pouvaient encore me transporter si loin, j'arrivais en bordure de la ville, quand je vis se tenant devant moi, une très grande grille rouillée, sur cette grille une pancarte, ou on pouvait y lire "ici repose les âmes de nos chers disparus " voilà bien un endroit, ou, si les circonstances n'étaient pas ce quelles sont aujourd'hui, ou je ne mettrais pas les pieds, mais je n'eu pas le choix, il fallait me cacher, et un cimetière, est un endroit qui vous donne froid dans le dos, mais là au moins, je pourrais être seul pour cette nuit, avec juste comme compagnons, les pierres tombales qui étaient dressées un peu partout.
Dans le fond du cimetière se trouve une cabane, à mon avis elle devait servir autrefois, à y loger les cadavres ,je me dirigeai vers cette cabane, non sans peine, car il faisait noir, et c'est pas le genre d'endroit ou la lumière fuse comme dans une rue la nuit éclairée par les lampadaires.
je me dirigeai vers cette nouvelle demeure, en tout cas, pour cette nuit. La porte était ouverte, à l'intérieur se trouvait un ancien cercueil, qui devait être là depuis bien des années, une espèce de grande table, qui devait servir à la mise en bière des cadavres, trois chaises, et des bougies. Je décidai d'en allumer une pour m'éclairer, lumière, qui ne devait pas attirer le regard des passants, même si l'endroit ne devait pas être fort fréquenté durant la nuit.
Dès que la lumière me permit de voir un peu plus loin que le bout de mon nez, je pu apercevoir dans le coin, un objet, cet objet me faisait penser à quelque chose, mais je du m'approcher encore un peu plus pour pouvoir me rendre compte qu'il s'agissait de la griffe de jardin! Mais comment est-ce possible, encore cette griffe ? Que faisait-elle là ? Qui avait bien pu la mettre là, et surtout pourquoi? Elle était placée là, comme si je venais de la faire tomber de ma poche.
Je la pris et la déposai sur une des chaises qui était dans cette cabane, la journée avait été rude, et pleine de rebondissements, un peu de repos me fera le plus grand bien, je pris donc la décision de m'allonger sur la table mortuaire et de m'y reposer un instant, ce qui se fit sans peine, je plongeai directement dans un sommeil profond et réparateur, une longue journée m'attendait demain matin, et j'en étais conscient.

Un bruit de bouteille cassée, et de rire me réveilla en sursaut, je me levai et me dirigeai vers la petite fenêtre, et la je vis une vision d'horreur, les tombes n'étaient plus! A la place il y avait une grande superficie avec des tables ,des chaises, et au milieu un kiosque, où des musiciens jouaient un air de musique macabre, mais les convives n'étaient pas des gens comme vous et moi, mais des morts vivants ! Ils dansaient et riaient et prenaient un verre en discutant, sans se douter le moins du monde que je les observais depuis cette abris. D'où j'étais, je ne pu distinguer ,ce qu'ils pouvaient ingurgiter avec un tel appétit et une telle soif, mais je m'en préservai.

Une femme qui était accompagnée par un mort vivant comme elle, se retourna un moment sur la cabane d'où je les observais, je crus un moment ,qu'elle m'avait vu, elle avait la moitié du crâne arraché et de la cervelle en coulait, son compagnon, lui léchait et ingurgitait, tout se nectar qui en coulait, sa chemise, n'était plus que des lambeaux, et un de ses seins en débordait, un sein tombant sans vie, et remplis d'asticots qui en tombaient sur le sol.

La fête battait son plein, jusqu'à ce que deux hommes, on aurait dit deux clochards, fassent leur entrée dans le cimetière, à ce moment, tous arrêtèrent de danser et de discuter, ils laissaient passer les deux intrus comme si ils leurs faisaient une sorte de haie d'honneur, apparemment, les deux clochards, ne remarquèrent même pas la présence des morts vivants, et s'avancèrent sans se douter des yeux qui les fixaient avec tant d'attention, l'un des clochard s'assis et ouvrit son sac, il en sortit une bouteille de bourbon, et en ingurgita une belle gorgée, l'autre clochard lui, apaisit sa vessie sur une pierre tombale, je regardais avec une telle incompréhension, les hôtes permanents de ce cimetière fixer les deux intrus, ils les regardaient sans broncher, sans rien faire.
A ce moment, la porte de la cabane ou j'étais, s'ouvrit avec lassitude, c'était l'ombre elle entra, me fixa avec ce petit sourire cynique et froid, elle se dirigea vers le fond de la cabane, s'abaissa pour prendre la griffe de jardin que j'avais auparavant déposée sur une des chaises, elle la prit et sorti, comme elle était entrée, sans détacher mon regard du sien.
Je la vis, se déplaçant avec aisance, elle longeait les murs elle se dirigeait, vers le clochard qui avait terminer de soulager sa vessie, comme une bête féroce s'approcherait de sa proie, elle lui assainit un coup fatal à la tête avec la griffe de jardin,,le sang giclait comme une fontaine, et il s'effondra, la tête la première sur le rebord de la pierre tombale qui lui avait servis d'urinoir auparavant, son ami n'ayant à priori plus soif, n'avait rien entendu, son ami gisait sur le sol de cette propriété, qui serait sa dernière demeure, et lui vidait sa bouteille sans savoir que son tour allait bientôt arriver à lui aussi, il se retourna et cria le nom de Frank, mais aucune réponse, l'ombre, elle, se dirigea sur la deuxième victime, elle était toujours accompagnée de la griffe, qu'elle tenait fermement de la main droite. Le clochard quand à lui, s'était allongé sur une des pierres tombales, cette pierre tombale, portait mon nom! Mais cela est impossible, mon nom sur une des pierres, alors que j'étais bel et bien vivant.
L'un des convives de ce cimetière, essayait de pousser le clochard, de la tombe, mais ses mains passaient à travers le corps du clochard, et ne pus se résigner qu'à laisser faire.
L'ombre s'approcha de plus en plus du clochard, arriva à une distance de plus ou moins cinq mètres, elle lança la griffe dans la direction du malheureux clochard, comme un lanceur de couteaux que l'on voit dans les cirques, la griffe l'atteignit de plein fouet dans la poitrine, ce qui ne laissa aucune chance à ce malheureux, il y succomba aussi rapidement que le premier.
Les morts vivants, regardaient l'ombre avec admiration et amour, on aurait dit qu'elle était pour eux à la fois mère et père, tous en avait peur, et se retirèrent quand elle s'approcha deux, sauf cette même femme au sein pendant et dont les asticots en faisaient un festin, digne de ce nom.
Elle prit la femme dans ses bras, et demanda à l'orchestre macabre de jouer la valse des morts, ce qui se fit sans peine, les musiciens qui pour la plupart jouaient sur des instruments à corde, en faisait grincer leurs instruments avec leurs doigts osseux, sans chair, sans ongles.
Le couple se mit à valser, la concubine de l'ombre riait et valsait de part et d'autre dans ce cimetière aménagé en place des fêtes, la moitié de son visage était défigurée, c'était cette moitié que je voyais depuis son apparition, quand elle avait tourné sa tête dans ma direction tout à l'heure, mais l'ombre lui fit faire un tour sur elle même, et là, je pus apercevoir la face qui était moins désordonnée, et je pus par la même occasion, reconnaître ma Cora, elle était là et dansait avec cette ombre (peut-être même le diable) je ne pus me retenir et lançai un cri d'effroi et de douleur, CORA…
La musique s'arrêta brusquement, les convives qui regardaient les deux danseurs se mirent à fixer la cabane, le couple quant à lui fit comme si ils n'avaient rien entendu, et se pressa vers la sortie du cimetière, je ne pu sortir de ma cabane pour essayer de les rattraper, les hôtes du cimetière auraient vite fait de faire mon affaire, je ne pus que par désolation, laisser le cadavre de Cora et l'ombre filer a travers mon regard, bloqué dans cette maudite cabane.

John Arcker est l'employé municipal de la ville, c'est lui qui se charge des petites corvées de jardinage et autre pour la ville, malgré son petit salaire, il est content de sa vie et de son travail, il aime les gens et les gens le lui rendent bien, ce matin, il avait la corvée, des mauvaises herbes du cimetière, ce qui ne le dérangeait pas le moins du monde.
Au cimetière, John, se sentait bien, cela faisait cinquante ans qu'il faisait ce métier, et des amis, il lui en restait plus au cimetière qu'en ville, et en plus ici, il pouvait parler avec ses anciens copains, sans avoir à subir de contradiction.

John, se dirigea donc, vers l'allée qui menait au cimetière accompagné de sa tondeuse briks et stratton, et de tout ce qu'un bon jardinier se devait d'avoir avec lui, pour pouvoir accomplir un bon travail, comme John aimait le faire.
Il arriva à la grande grille du cimetière et la poussa pour l'ouvrir.

Un bruit de grincement m'éveilla, Eveil!, mais alors les morts vivants, les clochards, les danseurs, l'ombre, Cora…Tout n'était donc qu'un mauvais cauchemar, comme j'avais l'habitude d'en faire depuis un petit temps maintenant, ma tête me faisait un mal de chien, je me levai, j'étais couvert de sang,le sang était sec, et s'effritait entre mes doigts, et me dégoûtait, mais d'où venait ce sang, aurais-je saigné du nez pendant la nuit? Je me dirigeai vers la petite fenêtre, où hier je crus avoir aperçu, la fête macabre, pour pouvoir me rendre compte, si j avais saigné ou non du nez ou autre pendant cette nuit plus que cauchemardesque.
La, je pus apercevoir un homme, tirant derrière lui, une tondeuse et du matériel de jardinage, c'était donc lui qui avait ouvert la grille d'entrée du cimetière, et qui m'avait sortit de se cauchemar, je ne pourrai probablement jamais le remercier, et pourtant si il savait que grâce à lui et à son entrée il m'avait sorti d'une profonde terreur…
Cet homme se dirigea tête baissée dans le cimetière, en sifflotant et puis son sifflotement matinal, s'arrêta aussi brusquement que les musiciens de mon cauchemar.
Là, je vis son visage changer aussi radicalement, il devint aussi blanc que neige, et il émit un cris de peur de “terreur” , il laissa tomber de ses mains, le matériel de jardinage, et laissa derrière lui sa tondeuse pour se rendre au plus vite vers la sortie du cimetière.

Mais qu'avait vu cet homme, il ne devait rien y avoir de bien spécial. Si mon cauchemar avait eu vraiment lieu, alors je comprendrais, mais là? J'entrepris de sortir de la cabane pour pouvoir soulager ma curiosité.

John, était comme fou, il courut aussi vite qu'il pouvait vers la ville, en criant à l'aide, à l'aide!
Mais à cette heure aussi matinal, personne ne courait les rues de la ville, il se dirigea vers la maison du shérif pour pouvoir lui faire part de ce qu'il venait de voir dans le cimetière.
Arrivé devant la porte du shérif, il frappa de toute ses forces, et cria : shérif ouvrez, il y a eu des meurtres au cimetière”mais personne ne vint lui ouvrir.
La porte n'était pas fermée à clef, il la poussa ,et y pénétra, mais quelque chose retenait la porte, il poussa plus fort et réussi à ouvrir juste assez pour apercevoir le corps gisant sur le sol de l'adjoint et un peu plus loin, un corps gisant lui aussi et qui avait la tête écrasée, des morceaux de cervelle séchée et du sang tapissaient les murs de la cellule, John s'évanoui.

Je sortis de la demeure, en me dirigeant vers les outils de travail laissé par le jardinier, la je pus apercevoir un corps gisant sur le sol, c'était celui d'un des clochards ,abattu cette nuit par l'ombre, et pourtant ce n'était qu'un cauchemar, c'est ce que je pensais, car le corps, lui, était bien là, allongé et trempant dans un bain de sang. Un peu plus loin se trouvait l'autre clochard qui lui, avait en guise de cravate, la griffe de jardin plantée au niveau du sternum, sa langue lui pendait et déjà des rats étaient venu lui en enlever une très grosse partie.

Je ne pus me résoudre qu'à partir au plus vite de cet endroit, car le jardinier allait probablement revenir avec du monde, et me trouver, et cela n'était pas très bon pour moi. Pourquoi, ces deux clochards sont là, gisant sur le sol, alors que ce n'était qu'un cauchemar, pourquoi? Cette nuit, la danse macabre, Cora, l'ombre, la fête n'était qu'un cauchemar! Mais alors, les clochards, que faisaient-il là?
Je sortis directement et sans attendre de ce cimetière et je pris la route en direction du lointain.

En marchant, je réfléchissais à une logique à toutes ces histoires de meurtres, mais sans réponses, cette nuit de cauchemar, ce matin mes mains imbibée de sang coagulé, et les clochards morts dans le cimetière, aurais-je quelque chose à voir dans tout ça? Je n'y comprends plus rien, je suis perdu et bien seul. L'ombre se servait peut-être de moi, comme d'un pantin et à mon insu.

Je n'en pouvais plus, je voulais des réponses, mais les seules personnes pouvant m'en fournir était décédée, toute personne ayant vu l'ombre en était morte, mis à part moi! Cette même ombre que je vois dans mes cauchemars, cette ombre qui à un goût assez prononcé pour le meurtre sauvage mais au combien efficace. Pourquoi, cette soif de meurtre, c'est aspect de mort, pourquoi elle se sert de moi, pourquoi moi?
Tout avait commencé, il y a maintenant bien des années, mais cela c'était arrêté pendant trente ans, et maintenant, revoilà cette ombre et ces meurtres. J'en avait parlé aux enfants et à personne d'autre et pourtant depuis ce jour le danger a réapparut, entraînant avec lui l'ombre de la mort sur son passage.


J'arrivais à l'aube de ma vie et pourtant, tant de chose se passait, alors qu'une personne de mon âge, n'espérait qu'une petite retraite bien tranquille, pour ma part, je devais à nouveau faire face à tout ça, peut-être que cela était mon destin après tout, avant de partir je devais résoudre ce mystère qui me hante depuis bien des années, le mal était bien là, posant ses yeux noirs sur cette ville et je devais l'en débarrasser, mais avant tout je devais m'assurer qu'Elodie était en sécurité et ne courait aucuns dangers.

Un peu plus loin sur ma route je vis une cabine téléphonique, j'allais pouvoir essayer de trouver le numéro de téléphone des parents d'Elodie et pouvoir prendre de ces nouvelles, et même pourquoi pas avoir son adresse.
Je pris le téléphone, à mon époque les téléphones étaient des appareils rudimentaires mais au combien efficace, quelques-uns avait la chance d'en avoir chez eux et d'autre pas, ma famille faisait partie de ses privilégiés et je me rappel que ma mère ,faisait tourner la petite manivelle, ce qui me fit encore sourire, malgré tout .

Sur l'annuaire téléphonique se trouvait le numéro des renseignements, le père d'Elodie était le prêtre orthodoxe du village, avec cette information, j'en avais déjà assez, pour que l'opératrice puisse répondre à ma requête.

L'opératrice avait une voix douce et sensuelle,
Bonjour, pourrais-je avoir le numéro du prêtre orthodoxe, de la ville, s'il vous plaît.
-un instant je vous prie…me dit-elle.
-Monsieur, ce numéro est un numéro privé, mais je peux vous donner celui de l'église si vous le desirez?
-non, merci, mais auriez vous son adresse, car je dois le voir au plus vite, ceci est une question de vie ou de mort.
-une question de vie ou de mort, dites vous?
-oui.
-le père callahan, n'apprécierait pas à mon humble avis, que je vous livre comme ça, des coordonnées à son sujet.
-soit, dit-elle, normalement je ne peux vous le donner, mais, votre voix me parait confiante et réconfortante, et je ne sais pas pourquoi, mais avec toutes ces drôles de choses qui se passe en ville pour le moment.
-des drôles de choses?,dit, l'ermite.
-oui, après la disparition du petit julien Kuling, on a retrouvé ce matin, les corps du shérif et de son adjoint, mort dans la prison, ainsi que John Arcker, qui lui, était tombé évanoui devant la porte du shérif, depuis il ne dit plus un mot.
-Bizarre tout ces meurtres…dit l'Ermite
-je vous en supplie, donnez moi le numéro, car j'espère pouvoir encore arriver à temps.
-A temps dites-vous? Cela est donc si grave que ça? Que se passe t-il donc?
-Je ne peux vous répondre, mais sachez que c'est très grave.
-Alors, je passe au dessus de mes convictions. Voilà le numéro de téléphone du père Callahan (000/000.0000)
-Dois-je appeler les secours monsieur ?
-Non, ce ne sera pas nécessaire pour l'instant je veux juste m'assurer que la petite va bien, ainsi que ses parents.
-Bien, bien, si je peux encore vous aider, faite le moi savoir, re-téléphoner et demander Susan.
-Ok, Susan, je n'y manquerai pas, à bientôt Susan…
-Quel est votre prénom?
Trop tard, il avait déjà raccroché et ne pus y répondre, il ne le savait même plus lui même comment il s'appelait.

Je repris le combiné, et formai le numéro de téléphone donné par Susan.

-Allô, père Callahan?
-Oui, c'est lui même, à qui ai-je l'honneur?
-Mon nom n'a aucune importance, je veux juste m'assurer que votre fille est en sécurité.
-Comment ça en sécurité ? Bien sûr que oui, elle est en sécurité, avec tout ce qui se passe en ville pour le moment et cet Ermite qui c'est échappé de la prison, en laissant la mort traîner derrière lui. Vous pensez bien que oui, qu'elle est en sécurité!
-Bien, bien,- vous savez, l'ermite, vous l'avez au bout du fil, mon cher Monsieur!-
-Vous êtes l'Ermite?
-Oui, je le suis, et je ne suis pas un tueur, sachez le! Tout ça n'est qu'un concours de circonstance et de suspicions malsaines.
-Mais toute la ville est à votre recherche! Et vous, vous me téléphonez comme si de rien n'était, sans peur et sans pudeur.
-Je dois me cacher car les gens d'ici pense que je suis le tueur, et à part peut-être vous, personne ne me croira, il y a une force maléfique (une ombre) qui fait tout ça! Croyez-moi, je vous en supplie, jamais je ne ferai de mal, mais je deviens vieux, et tout ça dur depuis trop d'années, aidez-moi, je vous en supplie du plus profond de ce qui me reste d'âme, aidez-moi.
-Ecoutez, dit Callahan ou êtes vous? Je vais venir vous chercher, et nous en parlerons ensemble, en tête à tête.
-Vous me prenez pour un fou ou quoi, si je vous le dit, vous allez me tomber dessus, avec toute une équipe armée jusqu'au dent.
-Je suis prêtre, croyez-moi, je vous donne ma parole.
-…
-Je vais vous faire confiance, même si je dois m'en mordre les doigts par après.
-Je suis à une heure de marche du cimetière, en direction du nord, près d'une cabine téléphonique.
-Ok, j'arrive le plus vite possible, mais cachez vous, en m'attendant
-Ok, je vous attends, à tout de suite.

Il raccrocha, et se réfugia, aux abords de la forêt qui jonchait le bord de route.

Chapitre 5 : La forêt

En entrant de cette forêt, je compris que cet endroit m'était familier.
Malgré l'heure encore fort matinale, la lumière du jour perçait au-delà de la lisière, je pus apercevoir le fond de la forêt (enfin, c'est ce que je pensais…)
Une force très spéciale me poussa à entrer et à avancer, (bien malgré moi) des petites bestioles s'éloignaient à mon arrivée, plus j'avançais et plus j'avais l'envie d'aller encore plus loin.
Un peu plus loin, je sentis une présence, des regards! Quelqu'un me regardait ou violait mon intimité, je la sentais, mais ne pus l'apercevoir, mais elle était bien là, oui, elle était là.
Un buisson s'agita à ce moment, l'ombre en sorti, et me regarda (toujours ce regard qui ne laissait rien présager de bon) un meurtre allait encore arriver, chaque fois c'est la même chose.
Depuis plus de trente ans et après ces dernières apparitions, il me réadressa la parole.

-Bonjour vieux me dit-il, alors comment vas-tu en cette belle journée matinale ?
-Comment as-tu trouvé notre petite fête hier soir? On m'a dit que tu avais encore fait des bêtises! Pas content d'avoir tue tes amis et ta petite amie Cora il y a maintenant trente ans, il a encore fallu que tu tues mes deux amis clochards, ainsi que le petit roux, sans bien sûr oublier le shérif et l'adjoint.
-Vous racontez des abérrations, et vous le savez, vous essayez de me faire porter le chapeau, mais je sais moi, que c'est vous qui tuez et pas moi! Et je vais le prouver au père Callahan, qui ne devrait pas tarder a arriver.
-Pauvre fou! me dit-il, le père Callahan viendra, ça oui! Mais avec la police de la ville voisine, et te tuera, il ne te crois pas ,et personne ne te croira, comment veux-tu expliquer cela, à quelqu'un de censé?
-Je vais vous tuer, dit l'Ermite, sachez le, un jour ou un autre je trouverai le moyen de vous faire payer vos mensonges, j'avais une petite vie tranquille, et maintenant, vous revoilà, depuis que vous êtes réapparu dans ma vie, vous semez la mort derrière vous et vous essayez de me faire porter le chapeau.
-Non tu te trompes, dit-il. Ce que tu vois en ce moment, c'est-à-dire moi n'est que ton reflet malsain, je suis en quelque sorte, ton image du mal, tu te parles à toi même et tu me vois parce que tu as demandé à me voir, et je n'agis pas, c'est toi qui me commande. Le meurtrier c'est toi, et cela depuis maintenant 30 ans…
-Je ne suis que le reflet de ton âme malsaine si tu préfères, d'autres personnes ne la vois jamais, car il non pas en eux (comme toi) autant de méchanceté refoulée en toi, tu refuses de comprendre, et pourtant, je suis là! Chaque fois que tu m'as vu, un ou plusieurs meurtres se suivaient n'est-ce pas? Et bien maintenant tu sais pourquoi.

Au même moment, une détonation résonna au loin dans la forêt, l'Ermite n'eu le temps de se retourner, une balle l'atteignit en pleine poitrine puis une autre, mais il n'eu le temps de l'entendre, il était déjà mort.
Le père Callahan, n'avait pas faillit au rendez-vous, mais bien entendu pas seul…

Epilogue
Un homme peut en cacher un autre, beaucoup de personne ne le savent pas, mais au fond de nous il y a toujours une part de malsain et de mauvais, mais aussi du bon, et de l'amour, pour ma part j'appelle cela la double personnalité non démonstrative car on ne voit que ce que l'on veut bien voir, et parfois nous refoulons en nous, au plus profond de notre âme, tout ce qui est mauvais…d'autre ne s'en cache pas, serial killer, pédophile, parents maltraitant leurs propre enfants,… espéront que le mal qui sommeil en nous, ne surgisse pas du passé comme chez notre ami l'Ermite.

En tout cas, pour ma part, je vous le souhaite…

Voilà, ça c'est la première histoire d'Alain.

J'espère que vous avez pris autant de plaisir à la lire que lui en a eu à l'écrire !

A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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